International : La vague mondiale du MaaS

Né à Helsinki en 2017, la révolution du MaaS (pour « Mobility As A Service ») a gagné toutes les grandes capitales mondiales. Le concept a tout pour séduire les citadins connectés du monde entier, puisqu’il leur permet de trouver le trajet multimodal le plus efficient. Les données personnelles des usagers – et la manne financière prometteuse qu’elles représentent – font du MaaS un terrain de lutte féroce entre les Gafa et les acteurs nationaux.

 

Une initiative finlandaise qui essaime dans le monde entier

Whim, une application lancée par la startup finlandaise MaaS Global, a permis à Helsinki d’être la première ville au monde à déployer une solution à grande échelle. L’application mobile permet depuis 2017 à tous les Helsinkiens de trouver puis de payer le trajet multimodal le plus efficace, le plus rapide ou le moins cher. Derrière cette promesse de simplicité, l’enjeu pour la ville (dans un pays où les questions écologiques sont centrales) est de favoriser l’accès aux mobilités douces et de réduire l’utilisation de la voiture individuelle. Devant le succès de Whim (2 millions de trajets payés depuis le lancement de l’application), les dirigeants politiques et les entrepreneurs du monde entier ont bien vite saisi le potentiel – tant écologique que financier – du MaaS.

 

Toutes les capitales mondiales se mettent à l’heure du MaaS

Si Whim entend d’ores et déjà s’implanter dans plus de 60 pays durant les 5 prochaines années, l’onde de choc du MaaS n’a pas attendu la startup finlandaise pour toucher tous les continents. Toyota a ainsi investi un milliard de dollars dès 2018 dans Grab (une entreprise spécialisée dans le transport basée à Singapour) pour développer le MaaS dans toute l’Asie du Sud Est. En Amérique du Nord et en Europe, ce sont les géants du transport individuel que sont Lyft et Uber qui ont tenté de se positionner en leader du secteur. Uber a ainsi lancé son propre programme de trottinettes électriques et de vélos à assistance électrique et permet déjà – en France notamment – de combiner un trajet en bus et en VTC (grâce à Flixbus).

Les géants mondiaux privés du transport disposent d’une force de frappe avec laquelle il sera dur de rivaliser. Les acteurs nationaux tentent néanmoins de tirer leur épingle du jeu. C’est notamment le cas à Berlin, où BVG (la compagnie publique de transport en commun) est sur le point de lancer [au courant de l’été 2019] Jelbi, une application qui permettra de voyager en faisant appel à tous les services de mobilité disponibles en ville.

 

Big data et Gafa : les données au cœur des enjeux mondiaux du MaaS

Les experts mondiaux sont unanimes : à terme, le MaaS incarnera en matière de mobilité une disruption au moins aussi massive que Netflix pour le divertissement ou Google pour la recherche d’information. Et parce qu’il fait appel au même type d’interfaces mobiles et connectées, le MaaS représentera sans nul doute un défi en matière de protection des données des utilisateurs et de respect de leur vie privée. Si les Gafa y voient une nouvelle source monétisable de données, les gouvernements ont bien saisi l’utilité du MaaS dans les besoins de leurs citoyens en matière de mobilité.

Le MaaS deviendra-t-il une source lucrative de big data ou un outil citoyen de choix pour le développement de mobilités urbaines écoresponsables ? La question reste ouverte mais, public ou privé, il n’y a pas à en douter : le MaaS est sans conteste la prochaine révolution en matière de mobilité.