Edito : La révolution du MaaS est en marche

À la croisée des préoccupations écologiques contemporaines et du rôle croissant des interfaces numériques dans nos vies, le MaaS (pour « Mobility As A Service ») occupe une place de choix. Le concept promet aux citadins du monde entier l’accès – via une application unique – à l’information concernant tous les modes de transport qui leur sont accessibles. Vélos et voitures en libre-service, transports en commun, VTC, trottinettes et même avion sont accessibles (et payables) depuis une seule application. À la clé, un accès simplifié à l’intermodalité et une révolution en faveur des mobilités douces.

 

Le MaaS, une innovation numérique au service d’une révolution écologique

Si la promesse du MaaS est en premier lieu de simplifier la vie des citadins en leur offrant l’accès à une information complète sur tous les modes de transports disponibles à proximité, le concept participe aussi à un véritable changement de comportement en matière de mobilité. En effet, le MaaS concentre sur une plateforme unique toutes les informations pertinentes de mobilités et permet le paiement de ces différentes offres directement depuis une seule application. Le MaaS favorise le développement des mobilités dites « douces » (ces moyens de transport écologiquement responsables) et minimise le recours à la voiture individuelle.

C’est en tout cas le pari que font les entreprises locales et nationales en France et dans le monde. Elles tentent de rivaliser avec les GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple) et les géants privés du transport individuel (Uber et Lyft notamment) pour offrir leurs propres solutions de MaaS. Toutes misent sur l’intermodalité (soit le recours à plusieurs modes de transport pendant un même déplacement) pour convaincre les usagers d’abandonner leur voiture au profit de modes de transport moins polluants.

 

MaaS et données personnelles : le transport à l’heure des big datas

Si le MaaS est effectivement un outil puissant pour repenser et révolutionner nos habitudes de transport, c’est parce que sa collecte en temps réel des données personnelles de ses usagers permet une planification et une compréhension des habitudes de mobilité inédites. Véritable arme à double tranchant, ces données de masse (ou « big datas ») pourront aussi bien être utilisées par les urbanistes spécialistes du transport pour penser les villes du futur que par les géants du numérique pour identifier les consommateurs potentiels. Tout l’enjeu du MaaS sera donc, en France comme partout dans le monde, de savoir si son futur se conjuguera sur le mode du service public ou de la monétisation des données, en respectant les règles de gestion des données privés.